Spiritualité et voie initiatique par Jacob Vladimir

LA DIFFERENCE ENTRE SPIRITUALITE ET VOIE INITIATIQUE

Il y a un mouvement occidental Français et européen d’abord, le mouvement occultiste au début du 19ieme siècle,  qui nous revient en retour de vague depuis les années 70 de l’Amérique  du nord et qui s’appelle  le new âge. C’est par cette voie que nous revient la spiritualité perdue dans cet occident  matérialiste.

La perte de contact avec le monde spirituel est le résultat d’une hypertrophie de l’hémisphère gauche, et la réduction  matérialisme qui en résulte. Il a fallu des siècles à l’Europe, pour sortir de l’ornière de la pensée unique enfermée dans l’Eglise, des siècles  d’interdiction de penser, explorer, réfléchir  par soi-même puisque tout était définitivement dit dans les saintes écritures. Des siècles de blasphèmes, punis d’anathèmes, d’excommunication, et bien sûr de brulot.

Notre Occident est donc fait d’un droit relatif à la parole, à toutes sortes d’opinions, et de blasphèmes tant que ceux-ci  ne heurtent pas l’hégémonie capitaliste. Bien évidemment la liberté a ces limites qui correspondent aux dictats  du pouvoir en place.

Il y a une autre sorte de religion à laquelle il ne  faut pas toucher, et le blasphème peut couter très cher. On ne peut remettre en cause la vaccination, les médicaments que les fous non pas d’Allah mais de l’industrie pharmaceutique voudraient nous faire  avaler chaque jour de vie de la gestation  à la mort.

On ne peut pas remettre en cause l’industrie pharmaco chimique, la malbouffe industrielle. Mais on ne meurt pas en le faisant. On a juste quelques  ennuis.

Les 2 siècles derniers ont été vers une libération de plus en plus prononcée, du religieux et de la spiritualité.  Cette lésion, cette expansion unilatérale de l’hémisphère gauche, au détriment de l’hémisphère droit, est un épanchement compensatoire, une réaction matérialiste orgueilleusement victorieuses, un renversement des valeurs, des croyances,   après  mille ans et plus, d’obscurité chrétienne.

Cet épanchement réactionnel, maladif, qui continue encore de nos jours au sein des classes dirigeantes et des dominés les plus soumis et inféodés, va bientôt se terminer au cours de ce siècle, par un rééquilibrage de l’assiette entre les 2 hémisphères. Nous avons besoin de ce retour du religieux, de la spiritualité. Et cela passe par une masse croissante d’humains qui n’adhère plus aux normes institutionnelles, ce  qui nous mène vers ce que l’on nomme la masse critique : un nombre suffisants d’agent sociaux qui font glisser le sens, et le bon sens, vers un autre paradigme.

 

Le contact avec la spiritualité nous est revenu  par le confins du Commonwealth britannique,  c’est-à-dire par le retour de vague du colonialisme anglais à l’encontre de l’Inde, de la Chine,  et pour les  applications de la voie interne du   tao ( tai chi chi kung),   et le zen, par  le contact et le retour de vagues humaines,  des colonies françaises et pour la fin du vingtième  siècle, par le retour de vague des  guerres coloniales  américaines. La spiritualité perdue nous revient donc par ceux-là même que cet occident colonialiste a envahi.

Passons sur les occultistes et spiritualistes dont je connais bien la mouvance française et européenne dont les figures sont  Helena Blavatski, Alice Bailey (qui l’une des premières vulgarisera le mot « New age »),  Papus (un vulgaritsateur prolixe en ouvrages aproximatifs), Annie Besant,   le mouvement  Rose Croix et l’Ordre Martiniste,  et bien sûr Rudoph Steiner qui créera un mouvement plus sérieux rayonnant encore aujourd’hui de par le monde.

Ces mouvement se sont tassés, oubliés, devenant très confidentiels, anecdotiques, en France surtout. Les anglo-saxons n’ont jamais perdu leurs écoles de mystère. Quant à la maçonnerie française, elle n’a de spirituelle que le nom, elle est extrêmement rationaliste et n’a rien à voir avec le mouvement new-âge.

Le mouvement new- âge qui nous revient par l’Amérique depuis les années 70, a touché une masse toujours grandissante des populations européenne, de la middle-class surtout. Cela a commencé par le yoga, venu de l’Inde par les pays anglo-saxons.

Depuis le début des années 70, la somme énorme d’ouvrage de vulgarisation, de jeux de cartes, ainsi que les méthodes qui se suivent et s’empilent les unes sur les autres, de sophrologie,  de PNL, puis la mode passagère du cri primal de Janov,  puis de kinésiologie, d’hypnose éricsonnienne, d’EFT, puis l EMDR,  ainsi que  le yoga et ensuite  le tao bien sûr,  ont  contribué à la promotion d’une recherche de soi dans le cadre du développement personnel. Les recherches sérieuses ou farfelues et illusoires continuent,  avec le quantum tuch  et la Reconnection mondialement connus grâce aux méthodes de promotion à l’américaine.

Les Français sont prolixes, avec des chefs d’écoles qui créent chacun leur petit bout d’exploration.

Pour ceux que je connais, il y a JC Guillard avec son aura kinésiologie, il y a   un comique inconnu, votre serviteur,   qui tente une promotion de  la  DEI,   plus confidentielle, et plein d’autres inconnus eux  aussi du grand public, qui font leur recherche de la pierre philosophale. Cela va des méthodes de décodage biologiques, aux ovnis les plus improbables et farfelus.

Il manquait la dimension spirituelle souvent, durant les années 70 et 80,  mais pas toujours, car parvenu à un certain niveau de pratique, les méthodes  cessent d’être des méthodes de bien être, et la dimension spirituelle finit par advenir pour certains. Et parfois, pour une  frange de population en quête, depuis les années 90,   cette dimension spirituelle est là en amont, ces méthodes  constituant juste un support pour donner une forme à nos  tâtonnements.

Il est vrai que,

– une fois sorti de la pensée unique servie par les tenants de la matrice créée au moyen le discours dominant,

-une fois  sorti du moule médical qui éradique les symptômes, et répond finalement à une demande immédiate de ne plus souffrir,

la profusion des voies de recherche et de pratiques «  psycho-spirituelles », créent un labyrinthe inexpugnable dont on ne peut se sortir que en cessant de s’identifier à notre avancée au sein de ces voies ou méthodes. Elles sont donc elles aussi, en quelque sorte,  un piège, si l’on reste dans notre besoin de nous accrocher à quelque chose  pour s’y identifier.

Ainsi,  lorsqu’on me demande ce que je pratique, je ne réponds jamais à cette question,  pour me respecter moi-même et ne pas me limiter à une ou plusieurs identifications.

. Nous ne sommes pas que  les rôles sociaux qui constituent le thème de nos relations à nous-même et aux autres.  Je suis un être riche de la somme de toutes mes expériences, et je ne suis certainement pas identifié à l’une ou l’autre de mes compétences, et l’Etre qui est incarné dans ce corps dépasse de loin, en potentiel,  la somme de toutes les expériences possibles qui ont été vécues au travers de  ce corps.

Revenons aux pratiques du développement personnel.

Beaucoup de nos frères humains en restaient, ces 20 dernières années,  au premier niveau d’accès à ces méthode ou pratiques issue de la mouvance new age. Tout est toujours juste  et à sa place dans cet univers parfais, mais toujours perfectible. Donc toutes ces méthodes créées par tous ces  valeureux et intrépides chercheurs de compréhension de l’esprit humain, ont fait un travail magnifique, qui permet aujourd’hui à une masse critique toujours grandissante, d’explorer individuellement la  psyché humaine. Et dans les sciences matérialistes, la recherche fait aussi de merveilleuses découvertes.

Bien que les choses évoluent, et bougent relativement assez vite depuis ces 2 dernières décennies, beaucoup  s’en tiennent encore au niveau  mental dans ces méthodes, même lorsqu’il s’agit de méthodes corporelles.  Ceci est éminemment contreproductif.  Il ya une strate de recherche on l’on reste au niveau mental.

Passer à la strate suivante devient très ardu. Et un fossé profond se creuse entre ceux qui restent dans l’illusion du mental et ceux qui vont explorer plus avant.

Seule la méditation transcendantale  sort de cette ornière.  J’ai rencontré un grand nombre de praticiens de  tai chi, de chi kung, qui eux même en restent  à une dimension de bien être, et qui sont loin de toucher  la dimension méditative  à laquelle certains maitres  orientaux parviennent sans pouvoir  partager cela avec leurs disciples occidentaux.

Ainsi, je connais un bon nombre de praticien de yoga qui me disent à quel point les pratiquants qui restent à un certain niveau de pratique ne font,  par la discipline yogique, que gonfler l’ego, le rigidifier et le durcir, sans aucun contact profond avec soi.

Quid de la dimension spirituelle ?

Il en va de même de cette  nouvelle mentalité new age dans sa dimension  spirituelle,  qui fait que tous ceux qui s’y adonnent veulent absolument être dans l’amour, ce  qui exclut toute les pensées et émotions négatives.

Cela part d’un bon sentiment, ce désir d’être dans l’amour.

A ceci près que ce désir reste mental, et crée une attitude de refoulement de nos véritables émotions.

Ainsi, j’ai passé ma vie d’accompagnant à dire à des gens par exemple :   je perçois que vous n’avez pas pardonné  (à votre violeur, à vos parents ou à telle personne de votre famille ou votre entourage qui vous ont  malmené). Car votre aura est encore entachée de masses rouges sombres de colères refoulées, et votre cœur est entaché de cela. Tous les humains sont pleins de colère, et de tumultes intérieurs. Mais  l’injonction de   refouler est tellement bien intégrée qu’il ne reste que cela comme possibilité d’existence.  Il est donc statistiquement normal, lorsqu’une personne évoque son enfance, que le corps montre tous les signes visibles et invisibles, du volcan prêt à exploser, sous le calme apparent de la peau, du regard, de la voix, car nous avons bien appris à masquer, et à nier.

Et bien évidemment, pour ne pas entrer dans une lutte d’ego à ego qui eut été contreproductive,  j’ai très vite mis en place une méthode simple de contact avec soi pour obliger mes visiteurs à entrer en véritable contact avec leurs émotions véritables. Je pratiquais de la gestalt à l’américaine comme Monsieur Jourdain pratiquait la prose.

Je faisais dire la phrase à haute voix : j’ai pardonné à un tel, et je demandais : comment vous sentez vous ? bien évidemment la gorge  et de grandes parties du corps impactées  étaient encore plus serrés   et je proposais  ensuite  d’expérimenter la phrase contraire : il est possible que je n’ai pas pardonné et que je sois encore très en colère, et très impacté par tel ou tel évènement ou telle personne.

Il m’est arrivé moult fois que certaines personnes,  dont 98 %  sont des praticiens de santé, des maitres de yoga de tai chi de chi-kung ne veuillent pas se livrer à cet exercice.

C’est pour cela que fort de cette expérience, je dis que la posture du thérapeute ou de l’accompagnant, et l’identification à ce rôle social, la sous personnalité   rigidifiée que cela crée,  constituent  le pire obstacle à la conscience de soi. Il convient donc de lâcher la posture de l’accompagnant, et c’est difficile, pour recevoir de n’importe quel alter ego qui interagit par sa simple présence, même un chien ou un oiseau, ou un bourdon qui frappe  à la fenêtre, (c’est la co-incidence de Jung), ou de n’importe quel évènements, ou de n’importe quel désordre apparent qui perturbe notre petit train-train quotidien.

Voici donc où se situe la différence entre une démarche spirituelle, qui  bien que de bon alois, s’en arrête au plan mental, et l’engagement dans une voie initiatique. La voie initiatique, c’est la conscience que quel que soit le désordre apparent qui nous perturbe, ce désordre n’est qu’apparent, et la seule possibilité est de se couler dans le flot des évènements, puis d’en recevoir l’enseignement de sagesse, une fois l’émotion passée.

La démarche spirituelle est une recherche d’élévation vers la lumière, une aspiration à enluminer le corps par la psyché, la voie initiatique est une démarche où l’on explore son ombre, et c’est autrement plus âpre.

Il s’agit de descendre dans les profondeurs de sa psyché, dans l’ombre, là où la lumière ne passe jamais, et d’observer, puis de transformer si l’on peut, ce que l’on peut.

Que n’ai-je accueilli en séance individuelle, des gens qui me disaient suivre une voie de non-dualité, et qui étaient dans  une inconscience totale des affres émotionnels qui les traversaient.  Il est difficile de passer par-delà les barrières de l’ego, surtout lorsqu’il nous piège par les sous personnalités  qui le constituent et sont morcelées les une  vis-à-vis des autres.

J’entends bien de quoi ils parlent, mais en parler évidemment ne suffit pas. Nous sommes tous joués par ces sous-personnalités qui nous gouvernent, nos protagonistes intérieurs pluridimensionnels,

Qu’est-ce que la voie initiatique ?

Il ne s’agit pas de refouler ces émotions, ni ses pensée ni ses croyances, il s’agit d’observer, les accueillir du point de vue de l’observateur extérieur à tout ce jeu du mental et de l’ego.  Il ne s’agit pas de refouler les 7 péchés capitaux de la chrétienté, qui par ailleurs ne sont capitaux que pour autant qu’ils sont capiteux, c’est-à-dire éminemment corporels, mammifères.

Refoulés dans le tréfonds de soi, ces compensations, ces faux besoins, ces déplacements de vrais besoins  pulsionnel vers des compensations, des transferts, des défenses,   ne peuvent  ni être vu ni  transformés. 

Ils ne sont capitaux que si on les refoule, et c’est bien ce qu’ont recherché   l’Eglise en les fustigeant.  Il s’agissait de plier le corps à une discipline inflexible. Cela ne marche pas, en tout cas pas pour tout le monde, et pas à toutes les étapes de la vie.

Du point de vue de ce corps mammifères, les péchés ne sont pas capitaux mais  capiteux, et on ne peut que les observer, les accueillir, et voir ce qu’on en peut faire. 

Il est une chose que nous avons observé, c’est que statistiquement, ceux qui participent aux ateliers de recherche de soi,  même lorsqu’ils sont thérapeutes, ont un moi relativement faible, et inféodé à un surmoi extrêmement fort. 

Le désir d’être dans la lumière, d’être dans l’amour, est en soi  une idéalisation écrasante qui ne permet pas une vie du corps satisfaisante, apaisée, et qui surtout, oblitère toute possibilité de s’accueillir dans ses pulsions mammifères, aboutissant ainsi, à plus d’ombre, de refoulement, de fuite dans ce que Jung nomme la Persona, l’image de soi idéalisée.  Le masque social porté en permanence sur le visage, l’identification à ce masque,  sans  contact aucun avec sa sphère pulsionnelle intérieure, ou alors au prix de clivages, de déni, de morcellements à la limite de la psychose, est loin de l’amour, que l’on se doit d’abord à soi, de se connaitre, de s’accueillir, de s’aimer tel que l’on est, dans la perfection perfectible de notre être. 

On ne peut  transformer, ou sublimer  que ce que l’on connait de soi. Et lorsque ni transformation ni sublimations ne sont  possibles, il ne nous reste qu’à traverser les situations et les états qu’ils induisent.

Comment faire ? C’est ce que proposent  les voies initiatiques.

Il s’agit de se départir du mental discursif, de cesser de s’identifier à tout le mental collectif qui traverse le récepteur de notre cerveau.

Mais cette démarche ne peut s’en tenir à un vœu pieux.

C’est en ceci que s’institue toute l’âpreté de la voie initiatique.

C’est un long travail, studieux et appliqué et volontaire, d’accueillir en observateur équanime, sans se laisser happer, toutes les pensées et les désirs, et les états modifiés du corps qui y correspondent  et   qui forcément  s’écoulent à travers ce corps,  en même temps que nos états mentaux et émotionnels.

Il s’agit de se mettre dans l’état vibratoire où l’on est en contact avec le niveau mental supérieur,  les hautes harmoniques de la Source de vie, et de mettre le mental inférieur au service.

Faire le vide de réception du mental collectif, et lorsqu’ il envahit à nouveau, le laisser gazouiller intérieurement en observateur, sans s’identifier à quoi que ce soit, ni à ce qui passe  ni aux états modifiés du corps  induits par ce mental collectif que l’on capte. Ces états modifiés du corps, (émotions  et sensations),  restent accidentels et momentanés. Il s’agit ensuite de chercher pourquoi  l’on capte toujours un certain type de fréquence de ce mental collectif, pourquoi on est branché plutôt sur tel ou tel aspect de la matrice égrégorielle. Concernant ces dernier concepts, lire l’article sur la construction de la matrice égrégorielle. 

Même le mental supérieur, le monde des idées de Platon, n’est qu’un ensemble de césures (nous y reviendront dans un autre article)  qui président aux concepts du mental inférieur discursif.

Comme tout le monde le sait, l’infini qui gomme les frontières du petit moi fini,  le Soi, les hautes harmoniques de l’Etre, tout cela ne se saisit  non pas par le mental, ni même par le mental supérieur qui n’en est qu’un aspect. La lumière blanche que connaissent ceux qui ont fait une NDE, ou qui entrent en contact avec les EON, les être de lumière, vivent l’expérience par-delà le mental.

Lorsqu’on   participe aux constellations où l’on met l’ego au service du maitre intérieur, la sensation d’unité,   le calme,  le silence intérieur  qui en résultent  sont les états que l’on doit rechercher et produire le plus possible et le plus souvent et le plus longtemps possible au cour d’une journée. Le mental n’y participe pas, c’est un état vide de mental.

Ainsi, par la respiration consciente,  et en mettant le plus souvent possible au cours d’une  journée   le mental entre parenthèse,  le mouvement constant entre l’altérité en soi et l’altérité avec l’autre, et les moments  où l’on est méditatifs  basculent  petit à petits vers plus de moments où l’on est en état méditatifs.

Les barrières égotiques entre le soi et le non soi s’estompent dans l’état méditatif, et l’on peut ainsi revenir tout en respirant consciemment,  à une situation d’altérité,  lorsque  les situations d’interaction entre soi et les autres requièrent  une attention tournée vers autrui.

On est ainsi en contact avec autrui tout en étant connecté à la source de notre être,  il en résulte que nos actes et nos paroles coulent de source, par-delà même la finitude de l’ego.

Ainsi, quels que soient les heurs que nous subissons ou auxquels nous participons  au sein de l’altérité entre soi et soi , et entre soi et l’autre, nous savons que c’est nous qui les créons, que les autres ne sont que des vecteurs, et que tout ce qui se projette d’émotion ou de pensées vers l’autre n’est du point de vu de l’esprit, que l’illusion due à l’illusion de la séparation.

Tout ce par quoi nous nous définissons comme étant soi, ou n’étant pas soi,  fixe quelque chose, et fixe une limite dans une finitude qui n’existe que du point de vue de l’ego,  une identification qui du point de vue de l’esprit est une illusion.

Le travail initiatique consiste, petit à petit, à son rythme, et respectant des moments de discipline et de relâchement, d’accueil de là où l’on en est pour l’instant, à des moments d’exploration, de nettoyage, de toilette mentale, émotionnelle, pulsionnelle. 

Il s’agit dans l’étape ultime d’Eveil, de faire le choix de ne plus dormir, de se réveiller, de cesser de courir après ses désirs ou les refouler, de ne plus se limiter à son identité ou ses identifications,  à ne plus fuir ou affronter ses peurs,  mais à œuvrer pour que finalement, sans forcer de manière rigide,  on finisse par dissoudre tout cela dans le souffle par lequel tous ses états transitoires passent et trépassent. 

 

Cela ne veut pas dire qu’il convient de vivre une vie d’ascète, loin de là. Nous ne sommes pas éveillés, nous sommes en phase de réveil, un réveil qui est un chemin, nous amenant de strates en strates, de phases découverteset de libération  joyeuses en phase dépressives de ne pas en voir le bout, car plus on enlève de pelures d’oignons, plus le mille-feuilles semble s’épaissir.

Encore une fois, refouler est contreproductif. Il convient donc de gérer le corps de désir entre laisser- vivre et discipline, en fonction de nos phases de vie.  On peut s’accueillir là où l’on en est, et jouir des plaisirs de ce corps, vivre toutes les émotions quelles qu’elles soient, tout en gardant un recul, en revenant le plus souvent possible à cette arrière-conscience que tout cela n’est qu’un jeu que nous jouons tous, tous ensemble, au sein de la matrice que nous avons constituée, et que nous nourrissons tous.

Bonne vie à vous. 

jvb    pour   Paradeïgma

 

Conseil de  2 lectures pour comprendre les dernières lignes.

 

Il s’agit d’un bout de texte copié collé sur wikipédia. Ce texte est un minuscule fragment choisi de la  Bagavad-, gita . Ce  texte initiatique, cosmogonique et spirituel,  est un morceau d’un texte plus vaste, le  « Mah barata ». Le texte de la  Bagavad-gita consiste en un enseignement de la divinité Krishna, au  prince Arjuna.

 Le « Mah barata » est un des  textes fondateurs de la culture indienne, avec les 4  vedas (Atharvaveda, Rigveda, Samaveda,  Ayurveda) et les Upanishad.  Au sein des 4 Veda, l’Atharvaveda et l’Ayurveda sont les 2 textes qui ont influencé les anglosaxons, je les nomme car tout le monde a entendu parler de la médecine ayurvedique. Ce sont donc les anglais qui nous ont ramené cela en occident, au 19ieme siècle.

Il y a en France des écoles qui forment des praticiens en ayurvéda. On en  trouve  un peu partout en France.  On peut  peaufiner  le sujet en allant sur le web.

J’ai mis ce texte en bout d’article.

 

En second lieu, il  convient de lire, pour ceux qui veulent des références et un point de vue d’une autre source, un ouvrage qui vous dira en gros la même chose que mon article, mais  en 700 pages, suivi de 300 pages d’exercices :

 

« UN COURS EN MIRACLE ». 

Ce livre est connu surtout dans les pays anglo-saxons. Je l’ai découvert en 2010 lorsqu’une personne me l’a offert.

Vous pouvez aussi taper sur le web : « Un cours en miracle », et là vous allez écouter un bavasseur dans son mental  qui n’en finit pas de raconter sa chienne de vie et qui va  vous voler quelques heures de votre vie à écouter le délayage infiniment long de ce qui est écrit ici  en quelques lignes.

L’intérêt du livre, hormis la curiosité exotique, ce sont peut-être les exercices pratiques proposés durant les 300 dernières pages.

 

Il vous est proposé par exemple, de toujours considérer en arrière-plan, que comme l’univers, chaque galaxie, chaque étoile, ainsi que  chaque être  de chaque espèce sur terre, ou dans les autres plans,  qui décida d’exister pour soi, de  naitre pour se séparer, se distinguer, vous êtes,  vous aussi, et dans le désir, et dans l’illusion, et dans la culpabilité, de vous distinguer du reste de l’univers. 

Le cours en miracle dit  que quoi que vous rencontriez lors de cette expérience d’existence, ce n’est que le reflet de vous, et qu’aucune expérience que vous traversiez ne peut être séparée de l’être que vous êtes.

Ainsi l’impétueux qui nous brule le stop et nous fait un doigt en guise de demande d’excuse de nous avoir surpris et effrayé, fait partie intrinsèque de l’univers lui aussi, et l’illusion de la séparation d’avec nous n’est qu’un jeu auquel nous participons tous.  On peut comprendre que c’est difficile à appliquer aux tutsis qui se sont fait découper à la machette  par leurs  propres voisins hutu. 

Mais du point de vue de l’univers qui est lui-même le sujet d’un désir de création, au sein d’un ventre dont on ne sait rien, tous les désordres, qu’il s’agisse du simple retard d’un bus bloqué par un incident, ou qu’il s’agisse d’un génocide, font partie de l’Ordre caché qui nous échappe. 

Ainsi tous nos jugements, nos pensées discursives qui traitent l’autre ou l’expérience que nous ressentons ou partageons,  comme l’objet de notre réflexion, ne sont que des   illusions, des   erreurs de jugement issues des plus basses fréquences du champ mental, qui part du principe erroné, que nous sommes  séparés de l’univers, et de l’expérience  que nous vivons.

 

LA BAGAVAD- GITA

Lire un commentaire du Bagavat-gita, partie centrale du Mahbaratha (sur wikipédia).

Ce texte, que l’on retrouve dans  un grand nombre de livres initiatiques de la mouvance new âge,  retrace l’histoire du prince Arjuna, conduisant le char qui amène à la bataille les guerriers qui défendent les droits  des Pandava face au kaurava.

Arjuna doit sonner le début de  la bataille, et il voit dans les rangs adverses, des membres de sa propre famille, oncle cousins, et des amis.  Il veut refuser d’être responsable de milliers de morts ;  il est prêt à renoncer à ses droits, et au trône.

Krishna lui enjoint alors de jouer son rôle, et lui explique que tout cela n’est qu’un jeu, que personne ne meurt vraiment, et que dans ce jeu, lui le prince, a un rôle de prince à jouer, et qu’il ne peut se défiler. Arjuna doit alors agir selon son destin de prince, assumer ses actes, sans s’identifier à quoi  que ce soit, et Krishna, pour l’aider va lui prodiguer l’enseignement qui va lui permettre de jouer son rôle de prince, sans souffrir.

Voici quelques lignes du texte de wikipédia : ( Je suis un donateur annuel de wikipédia, et j’écris et améliore parfois des articles qui manquent de détails et de source. A ce titre je peux reproduire des  textes pour que le savoir soit  à la portée de tous). 

Krishna instruit Arjuna sur un grand éventail de domaines, à commencer par celui qui résout le dilemme d’Arjuna, la réincarnation, signifiant par-là que les vies perdues dans la bataille ne le sont pas véritablement. Krishna continue d’exposer un grand nombre de sujets spirituels, parmi lesquels plusieurs yogas — ou chemins de dévotion — différents. Dans le onzième chapitre, Krishna dévoile à Arjuna qu’il est, en fait, une incarnation du dieu Vishnou.

Verset : 2.39 : « Tu as reçu de Moi, jusqu’ici, la connaissance analytique de la philosophie du S??khya. Reçois maintenant la connaissance du yoga, qui permet d’agir sans être lié à ses actes. »

Verset : 2.71 : « Celui que les plaisirs matériels n’attirent plus, qui n’est plus esclave de ses désirs, qui a rejeté tout esprit de possession et qui s’est libéré de la tyrannie de l’ego, peut seul connaître la sérénité parfaite. »

Verset : 6.17 : « Qui garde la mesure dans le manger et le dormir, dans le travail et la détente peut, par la pratique du yoga, adoucir les souffrances de l’existence matérielle »5.

Verset 18.70 : « Et celui qui se pénètrera de cette conversation sainte échangée entre nous, je considérerai qu’il m’a offert le sacrifice en esprit.

Verset 4.41 « Celui dont le savoir spirituel a déraciné les doutes, et qui, ayant renoncé aux fruits de ses actes, s’est établi fermement dans la conscience de son moi réel, celui-là, ô conquérant des richesses, demeure libre des chaînes de l’action »

À un niveau plus profond, la guerre est une métaphore des confusions, des doutes, des craintes et des conflits qui préoccupent toute personne à un moment ou un autre de sa vie. La Gita s’adresse à cette discorde en nous et enseigne les yogas qui permettent de l’apaiser, le Bhakti yoga la voie de la dévotion du Dieu personnel, le Jnana yoga ou la voie de la connaissance, le Karma yoga ou voie de l’action juste. Selon Krishna, la racine de toutes les douleurs et de tous les troubles est l’agitation de l’esprit provoquée par le désir. La seule manière d’éteindre la flamme du désir, indique Krishna, c’est de calmer l’esprit par la discipline des sens et de l’esprit.

Cependant, le refus total de l’action est considéré comme étant aussi nuisible qu’une totale indulgence. Selon la Bhagavad-Gita, le but de la vie est de libérer l’esprit et l’intellect de leurs complexités et de les concentrer sur la gloire de l’âme. Ce but peut être réalisé par les yogas d’action, de dévotion et de connaissance. Le texte finit par un chant exposant la doctrine du renoncement, qui permet d’échapper au samsara, le cycle des renaissances.

JVB

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