A propos du thérapeute, qui croit que c’est la boite à outil du plombier qui fait la plomberie

J’ai commencé ce texte sur l’insatisfaction en mai 2025.

Je continue sur ma lancée, en évoquant mes différentes formations, les raisons pour lesquelles elles ne me satisfaisaient pas, et les raisons pour lesquelles ce que je pratique ne me satisfait pas non plus.

Lors de ma formation, je ne savais pas  à quoi cela aboutirait.  Donc, fiévreux, je me lançais à corps perdu dans la découverte des nouvelles méthodes de soins. La psychanalyse freudienne me laissait profondément insatisfait. J’allais une fois par semaine au 187 rue saint jacques, à l’institut freudien de Paris. Puis une dame devint ma référente, et j’allais chez elle toutes les semaines, lui donner 300 francs en espèces, pour raconter ma vie.

  Je n’en voyais pas l’utilité.  J’avais l’impression que raconter ma vie à ma concierge eu été tout aussi inutile.

Au retour de l’armée, 2 ans en Polynésie, en volontariat service long outre-mer, VSLOM,  J’étais éducateur pour la DDASS de Paris.  Je travaillais dans un établissement scolaire de l’ASE, (aide sociale à l’enfance),  en internat. Je faisais fonction de parent substitutif, comme n’importe quee parent d’enfant.  Je gagnais 5600 francs par mois, et je dépensais 1200 francs pour cette ânerie.  Je bossais plutôt la nuit et les fins de semaines, ce qui arrangeait bien mes collègues avec mari, femme et enfants.  Et je passais le plus clair de mon temps à la fac.  10 heures par jour, à suivre des UV, (unités de valeur de  35 heures), et je m’en tapais en moyenne 8 par semestre, plus les errances dans des amphi, dont d’autres étudiants me disaient que le prof était prodigieusement intéressant.

 Il y avait un doctorat de psychanalyse lacanienne. J’ai assisté à des UV,  avec un illuminé, qui faisait son cours debout, appuyé sur le dos d’une chaise, les yeux révulsés, en transe. C’était magnifique.

Il y avait les cours de géopolitique de Yves Lacoste… un monument de savoir, souriant, facétieux,  moqueur, qui nous racontait la géographie humaine  de la terre en racontant des histoires.

Il a eu 95 ans en 2025,   Hommage à ce grand homme fondateur de la revue Herodote.

Il y avait les cours de Tobie Nathan, professeur de psychopathologie, qui me méprisait, m’humiliait, et qui a fini par me virer comme une merde. Je le considère  encore aujourd’hui, comme l’un de mes meilleurs maitres, même si il a refusé mes écrits, que aujourdhui, les étudiants en psychologie qui lisent mes textes,  ne comprennent pas, me disant qu’il ne sont pas au niveau. bref

Et les cours de Jacques Ranciere, avec lequel j’ai produit un livre sur la phénoménologie, et qui m’a aussi viré comme un malpropre, après m’avoir accueilli chez lui pour la soutenance de 3ieme cycle,  et proposé de continuer ma thèse doctorale. Ces professeurs me voyaient , et ne me voyaient pas. Ils étaient assez intrigués pour m’inviter chez eux,me considérer autrement que comme un étudiant,  et trop irrités, trop égotiques, car trop fermés pour comprendre ce qui leur échappait.

Mes professeurs d’anthropologie m’appréciaient. Mon directeur de recherche m’accueillait chez lui.  Il ya trouvait son compte, car  j’etais un érudit qui faisait son cours à sa place. Mais il m’empêchait d’écrire ce que je voulais. J’ai galéré durant des années en doctorat, limité, engoncé, par une administration universitaire poussiéreuse..

 Puis je suis parti au laboratoire de biologie quantique du Dr Benveniste à l’unité 200 inserm, hôpital Antoine Beckler à Clamart durant encore 5 ans, espérant pouvoir écrire pour rendre compte de  ces expériences, et enfin valider ce doctorat d’anthropologie. Ils m’ont acuilli,et on a enfin commencé des expériences énergétiques.  Et très vite, je vis  le directeur,  Didier Guillonet, palabrer avec Jacques Benveniste.  C’était MES protocoles, mes expériences, mais   Les expériences du labo, appartenaient au labo. Elels  étaient secrètes, et j’ai du signer un papier attestant que je n’écrirais jamais rien la dessus. Je disparu, de guerre lasse, au bout de 5 ans.  Mon cabinet fonctionnait à plein tube, l’école fonctionnait, les constellations étaient pleines, à Dourdan où j’habitais et à Bordeaux.

J’ai quitté le serail universitaire, après 17 ans  de présence assidue. J’avais 35 ans.

Je pratiquais les arts martiaux depuis mes 15 ans, et je me prenais des raclées dans les sous-sols des cité, ou des combats libres étaient organisés… et je me retrouvais à lutter contre  des bien plus vieux, plus forts, plus lourds. Et je rentrais à la maison, avec des hématomes qui duraient des semaines.

Un jour, juste âpres être revenu de Tahiti,j’avais 25 ans,  une femme d’âge mur, rencontrée au gré de méandres relationnels,   me mena un dimanche au salon médecine douce de Versailles. Et là un barbichu magnifique en démonstration de soin énergétique,  me fit signe de sortir de la foule : l’aventure avec Leandre Cochetel, DCD en 2017, commença là, dans la foule.

 Il me touchât le point 14 rate,  coté gauche, et me dit : tu es un grand et très rare guérisseur, du niveau de saint christophe, de saint Vincent de Paul, un porteur d’âme.

 Le méridien de la femme enceinte est très ouvert chez toi, bien plus que chez les femmes enceintes.

C’est rare une telle ouverture, même chez les femmes enceintes. Que veux tu faire sur terre ?  je lui répondis que je me préparais à être psy, et que je faisais en même temps des études d’anthropologie.

Il me dit alors : vois-tu , sens-tu, entends-tu ?  je lui dit :  oui, je sens tout consciemment depuis mes 2 ans, car ma mère m’a confirmé que j’avais bien 2 ans lorsque je lui répétais mot pour mot, ses conversations importantes avec la famille, et je ressentais la présence agressive  des morts que mon père avait tué.

Cochtel, me dit : vient dans mon école, je vais t’aider à structurer ta perception.  Je me foutais de l’ostéopathie, de la médecine chinoise, qui seule rend compte de phénomènes inconnus de la science rationaliste. je m’y abreuvais, ca réveillait des mémoires dans le corps, comme du déjà très connu.   Je sentais que ce n’étais pas encore ça.

Je voguais, de la fac au boulot, au cours Cochetel, tout en haut de la rue de Moscou, pas loin de la place Clichy,  tout en côtoyant un  maître d’art martiaux vietnamiens, qui me fit rencontrer son maître, ce qui me fit introduire  dans la cours des maîtres.   Les autres maîtres me méprisaient. Je n’étais pas au niveau, ni au sabre, ni au bâton, ni au combat au corps à corps. Mais un jour, le maitre, assistant encore à  ce refus de m’accueillir, et de faire des exercices en  partenaire avec moi,  frappât des mains. Silence respectueux et salut bien bas.

Il dit alors à l’assemblée : il vaut mieux ne connaitre que peu de techniques, mais être conscient de ce qui est fait, plutôt que connaitre  plein de techniques, en étant inconscient de ce qui est fait.

Il ya un être parmi nous, dont le but n’est pas le combat,  car il connait déjà cela, mais son but est de se centrer sur le soin. Il connait et ressent le corps, les points des méridiens,  pas pour le mettre hors d’état de nuire, mais pour le soigner. Silence gêné, puis reprise des techniques.

A partir de là, il me prit à part, dans un vestiaire,  et me montra des choses que les asiatiques ne montrent pas aux occidentaux. Puis je décidais de passer à un autre niveau.

Nous étions aux balbutiements des méthodes alternatives à l’écoute thérapeutique. Les méthodes de sophrologie caycedienne, le cri primal de Arthur Janov, le reiki, la méditation vibassana, etc..

Toujours curieux, au milieu des années 80,  l’essor du reiki me mettait en distance méfiante. Je compris vite pourquoi. J’évite de l’expliquer en ces lignes.

L’essor de la PNL, de la kinésiologie, et de l’EFT, me permis de me dire que décidément, l’écoute des geignardises des patients, devaient faire place à quelques chose de plus dynamique.

A mes 27 ans, je quitte officiellement mon poste à la DDASS, et j’ouvre mon cabinet.

Cochetel me mit dehors, comme tout bon maitre, et m’offrit sa table de massage de ses débuts, en  me disant : tu viens d’ouvrir ta consultation, n’écoute pas les gens. C’est toi qui agit, et qui parles.

Je lui répondit : je n’ai pas le droit de toucher les gens si je suis psychanalyste. Il m’enlaçât comme un père aimant,  et me dit : transgresse, fais ce que tu as à  faire. Dont acte. Je me mis à appliquer les techniques de psychiatrie manuelle chinoise, en écoutant peu.

J’allongeais les gens sur ma table, et je faisais un mélange d’ostéopathie, de med trad chinoise, d’écoute du corps, et je me laissais parler.

Les gens pleuraient ou étaient estomaqués : comment savez vous cela, je ne vous l’ai pas dit.

 Je n’en savais rien. J’étais parlé par l’autre. Et ça libérait. Aujourd’hui encore , je ne comprend pas le phénomène. C’est vécu, et c’est tout.

Est ce qu’un quidam sait pourquoi il est bon plombier ou cuisinier ou pianiste ? non. Çà se fait et c’est tout.

Peu de temps après l’ouverture de ma consultation, je fus invité par un groupe de thérapeutes à un repas. J’y allais, et je ne les revis jamais. Je ne me souviens que d’une chose :

Un homme dit  à l’assemblée : nous devons dire à ce jeune homme que le verbe est vivant en lui, et que c’est par le verbe qu’il guérit.  Aujourd’hui encore, je remercie cet homme dont je ne sais rien.

Ce fut un jalon important qui me guidait sur le bien fondé de ma route, car je déviais très fortement  de tout ce que j’apprenais en fac.

Et sur ce, je rencontrais Dominique Bernascon, ostéopathe, qui a crée la plus grande et la plus vielle école de kinésiologie de France, qui invitait  les créateurs américains de la technique dans ses ateliers.

Je me présentais en tant qu’anthropologue, qui enquête sur le terrain, mais déjà spécialiste des chamanismes, et étudiant en  psychopathologie,  à la clinique ethno-psychiatrique du professeur Tobie Nathan,  de la faculté Paris VIII,  spécialiste des soins de sorcellerie et de chamanisme.

Je sortis vite de ce statut d’ethnographe de terrain,  et il me format à l’ostéopathie énergétique, la kinésiologie, l’ethio-médecine.  

Nous étions proches  il m’invitait chez lui. Comment nous sommes nous perdus de vue ?

Un jour, après un repas chez lui, il me demanda une séance. Je m’exécutais. Il me demanda : c’est combien tes séances : 300 francs depuis 1 an, et jai du monde de toute l’Europe et l’Afrique.   Il était  à 200 francs la séance, mais ses séances duraient 15 minutes, alors que les miennes duraient 1 heure.

Il me dit, ça le vaut bien. Il allait chercher  3 billets de cent francs, et me les tendit.

Je rajoutais à mes séances de l’ostéopathie fluidique et énergétique,  les protocoles de kinésiologie, que je ne testais pas. Je les sentais.  Je bossais beaucoup, j’étudiais beaucoup, j’ai coupé le contact lorsqu’il m’a dit : cesse de venir. Va faire ta route qui est différente.

Et mon insatisfaction a augmenté considérablement. Plus j’étais pointu, technique, plus j’étais insatisfait… comme aujourd’hui.

D’abord, je me rendais compte que lorsqu’on diluait une blessure, ça  ouvrait, élargissait, détendais, alignait, mais   il n’y avait aucun protocole pour dissoudre le fantôme psychique, l’enfant blessé ou le mort, ou la mémoire agissante virtuelle…

Il manquait quelque chose. J’entendais parler de la constellation de bert hellinger, et une allemande, Marlyse, disciple de Bert,  devait venir à paris. J’y allais. Et hop, je comprenais maintenant le phénomène, et m’embarquait joyeusement.  Elle me considérât à part, comme d’hab.

 Elle me dit un jour : tu n’as rien à faire là, va faire ta route. Et je fis ma route , en rajoutant le verbe à la geistalt germanique.

Puis toujours frustré des limites des outils de la boite à outils, je rencontrais en 2016, le dernier  être éveillé de l’advaïta, qui avait une officine, en face de mon cabinet rue Beaubourg, à  paris. J’y allais, et je me fis fracasser, avec une dureté sans nom. Devant un parterre de disciple prosternés, le démontage de l’ego fut un cataclysme tellurique dantesque : tu n’existes pas, tu es un petit mage guérisseur qui joue comme un petit enfant, avec les illusions de cet univers qui est une illusion.

 Mais tu t’ennuies, ça ne t’intéresse plus depuis longtemps, et tu continues quand même, mais ca ne pourra pas durer.

Aujourd’hui, je ne  vais plus depuis 2018 me faire conspuer, car je ne sais rien faire d’autre que ce que je sais faire.

Ceux qui continuent à aller aux satsang,  me disent que régulièrement cet être demande de mes nouvelles.  J’évite d’y retourner. J’ai fait l’erreur d’y amener certains constellateurs que tout le monde connait. Ce fut catastrophique. Tentative de suicide, dépression, décompensation psychotique etc.

Je ne suis pas satisfait de ce que je fais, car bien que beaucoup de gens vont mieux, c’est long, âpre, ca demande à s’accrocher à une dissolution égotique avec énormément de résistance, et surtout j’observe que chez les pervers,  les structures perverses de la personnalité, le contrôle,  non seulement ne se dissolvent pas, mais  augmentent en puissance.

Et malheureusement, j’ai remarqué moult fois, que lorsque les perceptions psychiques subtiles adviennent trop rapidement, sans avoir fait le tour de la conscience de sa structure psychique,  la boursouflure de l’ego spirituel qui s’en suit, fait qu’un certain nombre de quidam illusionnés, s’en vont au bout de quelques mois, une année à peine, en disant  à la cantonade : c’est du n’importe quoi ce qu’il fait, j’y arrive mieux en quelques mois. Je comprends bien qu’il convient  tuer le père, lorsqu’il n’a pas la préséance de nous virer en temps voulu, comme l’on fait tout mes maitres,   mais là, il ne s’agit  pas de cela.

 Il s’agit d’ego  à qui tout échappe, et qui croit être virtuose, en n’étant pas encore apprenti mais à peine novice.

Ces quidam écervelés, qui viennent de temps à autre,  ont toujours  tenté de dévoyer des participants aux ateliers,  qui sentaient bien la vrille mentale lourde, pesante, qui s’abattait sur leur tête.

 Je n’ai pas toujours  su montrer toute l’ombre à l’œuvre, pour qu’elle soit vue. C’est ainsi. Chacun sa route, et chacun sa perdition. On finit toujours par en revenir enrichi d’expérience.

Par ailleurs, ma plus grande insatisfaction est :

Je ne sais toujours pas pourquoi, lorsque ma simple présence remet un être dans son axe, vertical, centré, en quelques minutes, ça ne dure que le temps que l’on est en contact. Pourquoi les structures psychiques vues, démontées, se recréent indéfiniment ?

Il y a quelque chose que je ne sais pas faire.  Ou je ne suis pas encore au niveau de savoir faire… ou au niveau que cela se fasse tout seul.

Donc, l’humanité étant ce qu’elle est, le plus simple pour vivre ce corps,  reste encore la vie solitaire, dans la nature.

Je ne fréquente que les humains qui me demandent de l’aide pour se centrer…

Et à l’automne de la vie de ce corps, je me rends compte que  je ne sais pas faire !!!

Pourquoi je ne veux pas guérir de mon insatisfaction

Depuis l’enfance, une impression persistante d’inadéquation et de souffrance traverse ma vie . Un parcours singulier, entre silence, observation, quête de sens et engagement total au service de l’âme humaine. L’insatisfaction, loin d’être une faiblesse, s’affirme pour moi comme un moteur existentiel et spirituel.

Dans l’ombre des mots absents

J’ai toujours été insatisfait de ma condition, au sein de cette humanité.

Insatisfait de ma vie avec les parents, la famille, les humains en général, dans ce quartier populaire de Paris. À l’école, c’était pareil. Sans mots pour le dire, je ressentais un abîme d’incompréhension. Les adultes me paraissaient inaccessibles.

Les seuls moments de paix, dans ma petite enfance bien que je ne connaissais pas encore ce mot étaient ceux partagés avec les voisins, dans notre immeuble, ou avec l’épicier tunisien de notre rue. C’était rare, mais j’y percevais ce que j’ai pu appeler plus tard : l’amour. Et comme c’était si rare, le silence restait préférable.

L’enfant silencieux et lucide

Je savais lire et écrire dès deux ans et demi, grâce à mon père. Mais je restais silencieux. Je ne comprenais pas pourquoi les adultes n’interagissaient pas avec tout ce qui existe : les morts, les entités, les flux d’énergie… comme si tout cela n’était pas là.

Je sentais, comme tous les enfants, le faux, cette dissonance entre ce qui est ressenti et ce qui est agi. Et cela faisait mal.

À trois ans, j’étais déjà en observation. J’évitais les autres pour ne pas être happé par ce qui blesse. Je regardais enfants et adultes comme une colonie de fourmis. Et je demandai à mes parents de m’intégrer à un monastère.

L’apprentissage du silence

En 1967, le hasard d’une balade à moto nous mena, mon père et moi, dans un château perdu en forêt. Il parla avec les anciens, rescapés des camps, en vieux allemand mêlé de polonais. Peu après, à l’âge de sept ans, je fus accueilli dans ce monastère.

J’y suis resté jusqu’à mes quatorze ans. Dix heures d’étude par jour, trois heures de prière. J’étais toujours silencieux. Je cherchais, dans les textes anciens, ce qui rendait l’humanité si différente de mes rares instants d’amour enfantin.

Les BD d’Astérix, Tintin ou les écrits platoniciens, aristotéliciens, me semblaient être faits du même tissu : des histoires, et des commentaires sur ces histoires.

Mais le mystère restait entier.

La voix, les mots, la redécouverte

Mes seuls instants d’apaisement étaient dans la prière, où l’interaction avec les adultes disparaissait. Là, la lumière s’incarnait dans la chair, et c’était bon.

Seul enfant du monastère, ma voix cristalline chantait les textes sacrés, que je chante encore aujourd’hui.

Puis vint la redécouverte du monde extérieur. Mon père gardait une pile de magazines de psychologie. Freud, Michel Meignan, et d’autres noms me fascinèrent. Je lus leurs réponses aux tourments humains, et cela me ravit. Je me dis alors que je ferais cela. En mieux.

L’étudiant en quête de sens

À quatorze ans, défroqué, je retrouvai la lecture libre. Le Phédon de Platon et ses idées de métempsychose m’envoûtèrent.

L’université, par contraste avec le monastère, me parut bien lente. Je dévorais cinq livres par après-midi, naviguant d’unités de valeur en unités de valeur, en état de transe. La nuit, je m’immergeais dans l’Encyclopædia Universalis.

Je comprenais que ceux qui, comme moi, étaient insatisfaits du monde tel qu’il est, partaient à l’aventure ou exploraient la psyché.

Une vie au service de l’âme

Depuis 43 ans, j’observe et accompagne des enfants, et protège les adultes de leurs bévues. Cinq ans en institution, puis 38 en libéral. J’explore les techniques de libération de la psyché, toujours plus avant-gardistes.

J’ai consacré toute ma vie à cela : à soulager la souffrance, à dissoudre l’ego qui en est la cause. Mais aucune technique ne permet l’ouverture durable du cœur.

Quand cela s’ouvre, cela ne dure jamais plus de quelques minutes.

Et c’est cela, le nœud : quelle que soit la méthode, l’énergie, la bonne volonté, le chemin est ardu. Même moi, je résiste à l’état d’être humain inconscient et inconsistant.

L’insatisfaction comme moteur

Pourtant, cette insatisfaction est aussi mon moteur. Elle guide tous les chercheurs, les explorateurs, les dissidents. Ceux qui refusent de se satisfaire de ce qui est.

Elle a probablement commencé chez l’humain avec le feu, puis le besoin de comprendre sa place dans l’univers. Elle pousse à l’évolution – pour le meilleur, comme pour le pire.

Dans la solitude – l’état normal, selon moi – tout est plus simple. C’est dans le frottement avec autrui que les choses se gâtent.

L’insatisfaction me pousse encore à chercher : comment faire durer l’état de paix quand le mental est vide, libre, stable ? Même sans interaction, l’esprit divague, et la souffrance revient.

Une tension permanente

Je pourrais renoncer à cette insatisfaction, mais elle m’a permis d’améliorer chaque année un peu plus ce qui m’échoit.

Alors, ça tenaille. Encore et encore.

Bonne et douce vie au lecteur.

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